Une demeure du XVIe siècle


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Une des plus anciennes seigneuries du pays bigouden




Bâti à la fin du XVIe et en partie reconstruit au XVIIIe siècle, le manoir de Kerazan est une des plus anciennes seigneuries du pays bigouden.

Les archives nous permettent de connaître les habitants du manoir depuis le XVe siècle.

Ancien domaine noble, ses seigneurs étaient des vassaux des barons du Pont (Pont l’Abbé). Les seigneurs de Kerazan étaient sergents féodés des barons du Pont, c’est-à-dire qu’ils étaient chargés d’assurer la collecte des rentes du seigneur sur la paroisse.

Du XVIe au XVIIe siècle, le manoir appartient à la famille Kerfloux, pendant huit générations. C’est un Kerfloux qui fit édifier les premiers éléments du manoir, caractéristiques de l’époque bretonne contemporaine (plan en équerre, murs de granite, toits d’ardoise). L’aile droite du manoir reste aujourd’hui la plus proche de l’état d’origine, elle date du XVIe siècle.

Après les Kerfloux, le manoir eut pour propriétaire Jean Sauvaget des Clos, qui vendit le domaine en 1647 à René Drouallen. Le mariage de sa petite-fille fit passer le domaine aux mains de la famille Le Gentil de Rosmorduc, comte de Rosmorduc, qui en resta prorpiétaire de 1710 à la Révolution, et le transforma en maison raffinée. De manoir fortifié, il devint demeure d’habitation et subit des transformations architecturales et de décoration qui exprimaient un nouvel art de vivre : les Rosmorduc firent construire au milieu du XVIIIe un second niveau au manoir, et la façade devint plus classique, témoignant de l’élégance et de la sobriété de son siècle par la symétrie de part et d’autre de la porte, les pilastres ornés de bossage aux extrémités.

À la Révolution, le dernier châtelain de Kerazan, Louis-Ange-Aimé de Rosmorduc, émigra pour combattre dans l’armée de Condé ; puis il participa aux soulèvements de l’Ouest. On voit encore aujourd’hui sur la façade du manoir le blason de cette famille, martelé par les paysans.

En 1793, confisqué par le tribunal révolutionnaire de Quimper comme bien national, le domaine est vendu à la criée 46 000 livres à Louis Derrien, architecte entrepreneur à Quimper ayant fait fortune. Son gendre, Edouard Le Normant des Varannes, homme particulièrement actif (il joua un rôle essentiel en matière d'amélioration de l'hygiène dans la ville de Quimper et fut entrepreneur maître d'ouvrage de son hôtel de ville), donna une nouvelle impulsion au domaine.

Le Domaine fut racheté en 1847 par un riche notaire de Pont l’Abbé, Alour Arnoult, qui entreprit de faire du manoir une résidence somptueuse. La cour du manoir fut restructurée, on créa une pelouse arrondie vers l’Est selon la mode de l’époque, les plafonds furent surélevés. L’aspect des toitures aussi fut modifié, notamment par l’aménagement d’une dentelle métallique sur le faîtage. Cette dentelle métallique, emportée par la tempête de 1987, a été remise en place en 2008.